vendredi 3 mai 2013

Lilītu


Dressée sur ta queue roide, le dos arqué, j'accueille la jouissance par un cri d'animal expulsé du fond de mes entrailles. J'absorbe jusqu'à la dernière particule de ton énergie, te vide de toute ta substance. Te regarder droit dans les yeux alors que tu disparais, peu à peu. 

Je suis l'amante, l'ultime, celle qui religieusement, méthodiquement, te nourrit pour mieux t'absorber. Sur la table du festin, je me sers dans chaque plat. J'ai faim, encore. Créature de chair, somme de tous ces corps rendus à mon appétit, plus puissante à chaque étreinte, immortelle dans le stupre. 

Brûler les draps, disparaître et se remettre en chasse. 


lundi 3 décembre 2012

3h.40


J'ouvre les yeux et je ne bouge pas. 


J'ai disparu un instant au hasard d'une variation chimique liée probablement aux différentes substances ingérées durant la soirée. La pièce aux murs rouges est plutôt sombre mais enveloppante. Otávio dort sur le sol, blotti contre l'avant de mon fauteuil. Sa tête repose sur mes pieds. Ses traits sont réguliers, paisibles. Il a ôté mes chaussures et les sert contre sa poitrine comme un doudou. Je caresse doucement son front. 
Je me sens parfaitement bien, les basses résonnent, les notes semblent s'accrocher aux tentures puis retomber sur le plancher de bois. Quelqu'un a sans doute ouvert une fenêtre quelque part. Je ne sens pas l'air froid, mais la fumée s'est considérablement dissipée. Ne reste que les effluves des bougies posées ça et là.  

Un homme danse au centre de la pièce. Il déroule sa colonne, des épaules aux reins, suivant les impulsions du drumpad. Torse nu, le jeans beaucoup trop bas sur les hanches, la peau luisante, il évolue dans sa bulle, désirable et inaccessible. 

Je me redresse et m'assois. Otávio s'agenouille et me rechausse avec grand soin. Je me penche pour embrasser sa bouche et y glisser ma langue. Apaisement de nos mâchoires trop crispées, éveil de sa queue. J'abandonne ses lèvres. Il se tient bien droit à mon côté, les genoux légèrement écartés, les mains dans le dos. Géant docile et turgescent. Je me délecte de sa présence tranquille et dévouée. Nous savourons nos ententes, particulièrement dans ces entre-deux nocturnes où la raison flotte. Il me sent, je le sens. Je le couve autant qu'il me protège. 

Au fond de la pièce, deux jeunes hommes s'affairent sur la méridienne. Le blond encule le brun, couché sur le dos. Le blond maintient ses jambes en l'air, repoussant ses genoux avec force. Il pénètre son cul ainsi relevé de façon régulière, presque métronomique, comme s'il ne devait jamais s'arrêter. Leurs regards sont rivés l'un à l'autre. La tension de leurs corps flotte jusqu'à moi et je sens mes seins se dresser. Adossé au mur, un garçon tout habillé se masturbe frénétiquement. Son regard se déplace du danseur, au couple, à la queue bandée d'Otávio. Quelqu'un m'apporte un verre. Rhum et gingembre, je ne m'en lasse jamais. 

Je pose ma main sur sa nuque et Otávio se met à 4 pattes. Je mouille mes doigts et caresse son anus. Il frissonne. Je sors ma pochette noire de mon sac, son corps réagit lorsqu'il entend le bruit pourtant imperceptible de la fermeture. Sa queue vibre. Lorsque je glisse le plug entre ses lèvres, il s'en empare et le lèche, l'aspire jusqu'à la garde. Luisant de sa salive, je le présente à l'entrée de son cul. Son dos se cambre comme pour mieux venir le chercher et je l'enfonce d'un seul coup. Il se redresse et attend. J'approche mon verre de ses lèvre, il boit quelques gorgées et me remercie en souriant. 

Je me lève et lui demande de s’asseoir sur le bord du fauteuil, jambes serrées. De dos, je remonte ma robe et lui présente mon cul. Ses mains me maintiennent, ses lèvres puis sa langue s'affairent. Variation sur le même thème du côté de la méridienne. Le brun est à quatre pattes et un invité plus agé, portant costume et manteau et que je n'avais pas remarqué avant, le besogne à grand coup de boutoir. Des grognements étouffés s'échappent de sa bouche écartelée par la queue du blond. Ma chatte coule, j'imagine sa salive qui s'y mêle. Je me retourne et repousse les épaules d'Otávio pour que ses omoplates s'appuient contre le dossier. J'extrais un préservatif de ma pochette et le déroule sur son sexe qui tressaille. De dos, mes jambes de chaque côté des siennes, je me pose délicatement sur sa queue. La tenant d'une main, je la frotte sur mon cul avant de m'y empaler doucement jusqu'à sentir son ventre sur mes fesses. 

Que j'aime cette sensation ! Nos deux culs remplis, figés dans ce plaisir identique. Je me laisse aller contre sa poitrine et ses mains viennent alors prendre leur juste place. Ses doigts investissent ma chatte, frôlant par là-même son sexe à travers la fine membrane. A ma demande, sa main droite luisante de mouille caresse mon clitoris. Je sens que toutes les pièces de ma jouissance sont en place, je la laisse grandir, gonfler, jusqu'à l'explosion. Il sait qu'il ne doit surtout pas quitter le terrain avant que les dernières répliques du séisme n'aient totalement disparu. Je me relève, ma robe reprend sa place et lui aussi. J'allume une cigarette et lui en propose quelques bouffées. Je n'ai pas voulu qu'il jouisse. Pas encore. Que la nuit continue...

jeudi 25 octobre 2012

C'était la loi des gaulois.


“Poilus, barbus...” 

J’entonne la chanson en faisant mon entrée façon music-hall dans la cuisine. Ce soir, je devais railler cet uniforme convenu, talons aiguilles, jupe droite, chemisier cintré, chignon. Les costards aux belles étoffes, cravate tombée. Je suis là et je dérègle un peu le mécanisme. 


“... vêtus de peaux de bêtes...”


Tout le monde se retourne, les conversations s’arrêtent, les verres de Bordeaux restent suspendus. 


“... ils bravaient la tempêtes.”


Ma voix sonne haut et clair. 
Je bois chaque goutte de la stupéfaction qui se peint sur leur face. 
Vin rouge, cigares, cognacs, l’after immuable des bourgeois libertins. Vieille ferme restaurée à la campagne, parquet ciré, cuisine à 50k et vieille table de ferme. L’ennui cossu et confortable. 

Je termine le refrain et m’arrête. Je me tiens bien droite et les toise. Je sais que mon but est atteint, que leur tension pète le plafond et que cette soirée ne sera pas comme toutes les autres. Je veux de l’inconvenant. Doucement, je déboutonne le haut de mon chemisier. Je pourrais presque voir leurs veines qui pulsent. Je me mets à quatre pattes et c’est ainsi que je m’approche de la table pour m’installer entre les genoux du maître de maison. 

J’ouvre posément son pantalon, déboutonne sa chemise, en repousse les pans. Je tire sur l’élastique siglé du boxer noir. Visiblement, il semble opportun à l’un des convives de débarrasser la table. Voilà un homme avec un bel esprit d’initiative. 

Cette table... Je veux que mon buste et mon dos en embrassent tour à tour la patine. Je veux qu’on m’y cloue, je veux m’y fondre. Oeuvrez messieurs, baisez donc la jolie poupée. Mettez y du coeur. Je suis la fée du bois, l’esprit de l’âtre. N’hésitez pas à mettre la main à la pâte et léchez-vous les doigts. Quand j’aurai bu la coupe, juste avant d’arriver à la lie, et afin d’esquiver le verre de socialisation post-coïtale, je remettrai ma jupe sage et mon chemisier et je m’en irai.

mardi 16 octobre 2012

Ce moment


Ce moment où je prends une grande inspiration.
Ce moment où je frappe à la porte.
Ce moment où je dépose mon sac.
Ce moment où on me désigne un fauteuil.
Ce moment où je me demande ce que je fais là.
Ce moment où je croise mes jambes, puis les décroise immédiatement.
Ce moment où je me retrouve plongée dans le noir.
Ce moment où sa voix raisonne.
Ce moment où je me retrouve nue.
Ce moment où j'en ai vraiment conscience.
Ce moment où l'on me positionne.
Ce moment où le silence s'installe.
Ce moment où je sens mon odeur.
Ce moment où j'attends. 
Ce moment où j'anticipe.
Ce moment où se produit l'impact.
Ce moment où je ne compte plus.
Ce moment où mes jointures protestent.
Ce moment où je deviens spectatrice intérieure.
Ce moment où je flotte.
Ce moment où je réclame.
Ce moment où je ne sais plus.
Ce moment où je sens la chaleur d'un corps.
Ce moment où je suis investie.
Ce moment où je ne peux plus chercher.
Ce moment où je ne cherche plus.
Ce moment où je trouve.
Ce moment où je recommence à respirer.
Ce moment où je m'étale sur le plancher.
Ce moment où des pas s'éloignent.
Ce moment où la porte se ferme.

mercredi 18 avril 2012

Seule


Pied gauche, pied droit. Je marche d'un pas lent et assuré, cadencé par les mouvements des bâtons qui se plantent dans la neige fraîche. La température a chuté, les cristaux crissent et accompagnent ma progression. J'arrive au mazot, tape consciencieusement mes bottes sur le seuil en pierre. Avant d'entrer, je m'accorde encore une cigarette, assise sur le banc en bois et je regarde disparaître le soleil derrière la montagne. L'ombre tombe d'un seul coup.

Je referme vite la porte derrière moi. Il ne fait sans doute pas bien chaud, mais le vieux fourneau à bois veille. Le contraste avec la température extérieure est tel que je me débarrasse sans appréhension des multiples couches textiles dans lesquelles je suis saucissonnée. Je suspends le tout dans l'entrée pour que ça sèche. J'enfile un de mes pyjamas en flanelle et de grosses chaussettes.
Il reste un peu de braise au fond du foyer, je la remue avec le tisonnier et ajoute deux bûches. Je pose la vieille bouilloire sur la plaque en fonte. Gestes automatiques des hivers rigoureux. Je range les provisions ramenées du village et me prépare un plateau avec un peu de pain, du fromage, quelques tranches fines de lard séché, une tasse et la théière.

Enfin ! Je m'installe en tailleur dans le grand fauteuil, blottie sous une couverture, mes victuailles à portée de main et j'attrape le premier magazine sur la pile. Il est question de voyages lointains, d'îles en train de disparaître et de poissons volants. Irréel.
Je n'ai jamais connu de marin. Je pense pourtant que j'aimerais goûter la peau tannée par le soleil, la joue râpeuse, le sel. Il aurait un voilier, évidemment.

Solidement arrimée au bastingage, je surveille la ligne d'horizon. Ses mains calleuses enserrent mes hanches. Il me baise à grands coups, sans fioritures. Je savoure sa force, l'air du grand large qui fouette mes seins. Ma main se glisse dans mon pantalon. Chatte océane, l'écume aux lèvres. Les embruns sont entrés dans la cabane. Les cordages s'animent, les voiles claquent. Les madriers se changent en bordages. Mes doigts sont gobés par le tourbillon. Que la mer m'emporte si la terre tremble. Je ne vois plus la côte. Me reste l'odeur du bois brûlé, comme un ultime encrage.

Je me tricote du bout des doigts des écharpes de plaisir en attendant le retour hypothétique de cet homme inventé. Je suis le capitaine et je suis la fille. Je suis la barre et le sextant. Je connais le chemin.

lundi 2 avril 2012

Déferlement


Je suis résolue devant la vague.
J'attends, bien droite.
Juste rester là, confiante.
Sentir déjà les embruns, le sel, la morsure du froid.
Mes entrailles savent.
Accepter de déposer les armes agenouillée sur un écueil.
Puis se laisser dévaster.

samedi 31 décembre 2011

Megaconnasse 2

Un dernier billet pour terminer 2011 en beauté ! 
http://www.megaconnard.com/avec-un-grand-a-x/


Merci à toutes et tous pour vos visites ! Que 2012 vous soit douce !

mercredi 30 novembre 2011

Miroir aux alouettes

Baise mon reflet, retourne mon image. Prends ce que tu veux, je te le donne.


Regarde ce corps virtuel, ouvert, offert. 
Plonges-y ta concupiscence, fouille les méandres les plus sombres de ton cerveau. Creuse encore un peu. 


Je t'attends ici ou ailleurs, éthérée et si charnelle que mon odeur anime tes sens. Redécouvre l'estampe de ton sexe sur ma rétine, observe, soupèse, tatonne, caresse, puise, sonde. Ne ménage rien. Ne te ménage pas. 


Et surtout jouis. Absolument.